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lundi 12 février 2018

Pour faire taire une éventuelle rumeur...

Il y a quelques temps, alors que j'avais diminué mes activités professionnelles quelques semaines plus tôt, j'ai rencontré une ancienne collègue qui m'a dit après une petite conversation qu'elle était contente de me voir en forme....

Devant mon air sans doute surpris, elle m'a raconté qu'une autre charmante ex-collègue avait raconté autour d'elle qu'elle m'avait vue de loin dans le bus, mal coiffée, l'air triste et que je devais aller très mal après avoir arrêté le boulot...

En fait, cette vision lointaine s'était faite un matin d'hiver tôt, où le vent soufflait, et où effectivement, dans un bus un peu bondé je n'étais peut être pas d'une humeur très enjouée...

Alors, pour éviter de faire naître une rumeur après mon dernier article, je mets les choses au point tout de suite:
Non, je ne cuisine pas que des épluchures...j'ai encore les moyens d'acheter des produits frais....et aussi des surgelés!

D'ailleurs voilà une preuve:



Topinambours et fruits de mer en sauce au safran:

  • 500g de topinambours
  • 1/2 sachet de fruits de mer surgelés de MrP
  • 2 belles c à s de crème fraîche plus un peu
  • 3 ou 4 pistils de safran
  • huile d'olive
  • sel, poivre
Laver et brosser les topinambours.
Les mettre dans une casserole d'eau froide avec un peu de bicarbonate, amener à ébullition puis laisser bouillonner environ 30 minutes. Ils doivent être tendres mais encore un peu fermes....

Pendant ce temps, laisser infuser le safran dans un peu de crème chauffée au micro ondes.

Egoutter les topinambours, les laisser un peu refroidir puis les peler. C'est plus facile que de le faire avant cuisson.

Pendant leur refroidissement, faire chauffer un peu d'huile dans une poêle et y faire revenir les fruits de mer encore gelés (après les avoir rincés à l'eau froide). Les laisser en remuant jusqu'à ce qu'ils aient rendu leur eau. Réserver.

Couper les topinambours en morceau et les mettre dans la poêle (ajouter un peu d'huile si nécéssaire. Les faire revenir quelques minutes en remuant, ils doivent tout juste commencer à dorer.

Ajouter alors les fruits de mer, la crème fraîche, y compris celle contenant le safran, sel et poivre. Chauffer quelques minutes pour ramener les fruits de mer à bonne température.

Voilà, simple et de saison. Vous avez vu la photo?

Nous avons eu à peine un peu de neige ici à Lille, pour une fois le nord a été relativement privilégié...

J'espère que je vous aurai rassuré s'il était besoin sur mon pouvoir d'achat.

Comme il peut être utile à d'autres de trouver des idées pour changer un peu en cuisinant des légumes de saison, je vais proposer cette recette à Cuisine de Gut pour Cuisinons de saison en février.






vendredi 13 janvier 2017

On me l'aurait dit, je ne l'aurais pas cru!

Il y a quelques dizaines d'années maintenant que je suis sur cette terre, et je ne me lasse pas de m'étonner parfois.

Surtout quand je vois dans la rue ou ailleurs des choses que je n'aurais même pas pensé possibles si on m'en avait parlé dans ma jeunesse. Des exemples?

Des gens qui marchent en parlant tout seuls...si, si ça existait, mais on les plaignait un peu d'être mentalement fragiles. Avec un smartphone en main ou des écouteurs, ça semble banal maintenant...

Des voyageurs de la SNCF qui regardent un film.... moi, je rêvais de pouvoir un jour y écouter la radio...

2 pompiers en uniforme qui se font la bise à un carrefour....au lieu d'une virile poignée de mains.

Une personne qui se prend en photo toute seule, pourquoi pas? mais avec un appareil tout plat ça m'aurait étonné....et si en plus, comme j'ai vu l'autre jour, elle tenait dans la main un poireau recouvert d'un préservatif, j'aurais craint l'arrivée imminente des forces de l'ordre....

Bref, vous avez sans doute d'autres exemples si comme moi vous avez passé votre jeunesse au milieu du siècle dernier....

Il y a une autre chose qui m'aurait étonnée aussi. Après ce que mes parents me disaient des topinambours et des rutabagas dont ils étaient obligés de se nourrir pas si longtemps avant, je n'aurais jamais cru en manger avec plaisir sans qu'on me force....



Ce velouté de topinambours par exemple.

C'est une recette empruntée à Virginie "Une pincée de gourmandise". Un potage de topinambours et châtaignes. Le mien est beaucoup plus pâle que le sien, mais je pense que c'est parce que j'ai employé tous les topinambours que j'avais dans mon Biocabas sans les peser, et il devait y en avoir plus que chez elle. Et sans doute mis plus de crème aussi....je m'en aperçois en relisant la recette.1

Velouté de topinambours et châtaignes:

  • 800G de topinambours
  • 2 échalotes
  • 2 gousses d'ail
  • 1 à 2 tiges de céleri branches 
  • 400g de marrons déjà cuits en conserve
  • un peu d'huile d'olive 
  • 10 (ou 20....)cl de crème fraîche
  • bouillon de légumes (frais ou reconstitué)
Bien brosser les topinambours sous l'eau et les éplucher. Les couper en morceaux.
Eplucher et émincer l'échalote et l'ail. Nettoyer le céleri et le couper en morceaux.

Faire chauffer le bouillon, ou le reconstituer avec un cube et de l'eau bouillante.

Dans un peu d'huile d'olive, faire revenir les échalotes et l'ail jusqu'à ce qu'ils soient translucides.
Ajouter le céleri, les marrons et les topinambours et mélanger le tout.

Verser le bouillon à hauteur et cuire à couvert une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que les légumes soient tendres.

Ajouter la crème, mixer, saler et poivrer à votre goût.




SI vous voulez quelque chose de plus gastronomique, allez voir la recette de Virgine, elle accompagne ce velouté d'une chantilly au bacon. J'avoue avoir été paresseuse et m'être limitée au potage.

Une chantilly au bacon....ça non plus je n'aurais pas cru que ça existait. Je n'en voyaits (sans bacon!) que sur les gaufres et les glaces....

mardi 1 avril 2014

Où il sera encore question de guerre.....de fil bleu....et de soupe.....

Depuis que je suis toute petite, la guerre dont j'ai entendu le plus parler, c'est celle de 1940.....parce qu'elle était encore toute proche à cette époque et parce que, quand on a connu ça......





On ne peut pas s'empêcher d'en parler à ses enfants....c'est comme ça que mes parents et grands parents ont retrouvé leur ville en y retournant après la libération.....

Mais heureusement pour moi, la reconstruction était bien avancée quand j'ai pointé le bout de mon nez et toutes ces histoires, tristes ou gaies, faisaient un peu partie de la légende....

Et voilà que cette année, comme j'en parlais en février, je me mets à m'intéresser à la guerre précédente....qui n'a pas été la der des der.......dont j'avais entendu moins parler, mes grands parents racontant peu sur le sujet.....

C'est à cause de Délit maille et de sa Wool war one......ou plutôt grâce à elle.....






En participant à ce projet artistique et humain avec mes petites mains, en tissant avec un fil bleu des liens avec plein de gens, j'ai eu envie de remonter aussi le fil du temps et d'essayer d'en savoir un peu plus sur cette période....

C'est sur la vie quotidienne à cette époque que j'essaye de trouver des détails......

Et j'ai appris par exemple que dans les régions occupées:

" Très vite la faim fait son apparition. Dès le 4 décembre 1914 le pain est sévèrement rationné dans une région agricole comme celle de Vervins; en mars 1915, les habitants de La Capelle, du Nouvion, d'Avesnes, vont ramasser des glands dans les bois: en les écrasant on allonge la farine"

" A partir de 1916, le gros de la population se nourrit de pain noir - en quantité limitée - de betteraves rouges et de choux navets.
En 1917, ce sont les soupes de feuilles d'ortie qui heureusement tiennent au corps."

" On dépave les cours pour y planter des pommes de terre ; les balcons se transforment en potager ; les terrains vagues et les ruines des maisons incendiées et bombardées devinrent des jardins ouvriers.

" A la fin de l'hiver, on alla plus loin encore: des prisonniers civils libérés avaient rapporté la recette de la soupe à carbure et on s'efforça de fabriquer cette provende: on brisait des os - quand on en trouvait - jusqu'à les réduire en poudre, on faisait sécher des herbes qu'on écrasait ensuite, on râpait le cuir des vieilles chaussures, des courroies, des ceintures et le mélange, longtemps séché au four puis délayé dans de l'eau bouillante donnait une soupe dont on disait qu'elle sentait la chimie"

Heureusement, arriva ce qu'on appela " le ravitaillement américain", donné par un comité hollandais et américain, qui était distribué en principe tous les 10 jours par les maires.

" Une ration quotidienne de principe fut fixée pour les villes: 40 grammes de farine, 50 grammes de lard, saindoux ou viande congelée, 30 grammes de féculents - riz, pois, haricots, ou pâtes - 10 grammes de sucre, 7 grammes de café ou de succédané, 20 à 30 grammes de biscuit, 10 grammes de savon, du sel, du vinaigre, un peu de lait condensé pour les enfants et les vieillards.
C'était peu mais suffisant pour éviter les grandes famines."

(cf: "La vie quotidienne dans la France du Nord sous les occupations, Marc Blancpain, Ed Hachette)

Difficile d'imaginer comment on se débrouillait pour nourrir sa famille.....ou comment font ceux qui maintenant encore dans certains endroits du monde ne sont pas beaucoup mieux lotis....

Comme je reste quand même fidèle à mes petites recettes de maintenant, je vous propose de terminer sur une petite soupe....aux topinambours, ces mal aimés de ceux qui ont connu la seconde guerre, maintenant devenus "tendance".....





Soupe de topinambours et carottes:


  • 600g de topinambours
  • 300g de carottes
  • 1 gos oignon
  • huile d'olive
  • sel, poivre
  • crème fraîche
Eplucher les légumes et les couper en morceaux. 

Les faire revenir avec un peu d'huile d'olive puis ajouter de l'eau chaude à hauteur, saler et poivrer et faire cuire une trentaine de minutes, jusqu'à ce que les légumes soient tendres.

Mixer, rectifier l'assaisonnement et ajouter de la crème.




Voilà...c'est à peine une recette...mais j'imagine que ceux qui en étaient réduits à la soupe au carbure verraient là un véritable festin.....

Quant à l'ordinaire des soldats....c'est une autre histoire, à suivre peut être un de ces jours.....